Histoire

L’École nationale d’art (ENDA) est le résultat prolongé de neuf années de recherches. Ce qui a commencé par une expérience collégiale, se retrouve aujourd’hui à l’échelle nationale, différemment semblable. Les évènements qui ont conduit la Biennale de Paris à créer, capter ou s’accaparer les formes respectives de collège, d’institut et d’école, marquent non seulement des étapes dans la réalisation de ses recherches en pédagogie, mais plus généralement une certaine sensibilité au changement, qui chaque fois, redessine les contours et les modalités de son action.

改善  (kaizen) est la fusion des deux caractères japonais kai et zen qui signifient respectivement changement et meilleur.Sa fonction et son rôle en tant qu’école d’art se sont trouvés modifiés par ceux qui l’ont traversé, mais également par le monde dans lequel elle évolue.

2008

Collège de la Biennale de Paris

Dès la création du Collège, certains éléments étaient déjà présents dans le projet de l’ENDA. Sa mobilité, une entité qui a lieu sans en avoir, a permis de construire une organisation horizontale, où les statuts de professeurs et d’étudiants étaient mis à mal par le format et l’entière oralité des échanges. Le collège consistait alors en « un moment collégial sans élèves, sans enseignants, sans toit, sans cursus, en rupture avec toutes les notions qui instituent l’art et son enseignement. »(*) L’initiative accompagnait des « usages susceptibles d’arracher l’art à lui-même. »(*) Les deux années d’existences du Collège de la Biennale de Paris, autour de Ghislain Mollet-Viéville, Alexandre Gurita, Steven Wright, François Deck, Liliane Viala, Sylvain Soussan, Paul Robert, Karine Lebrun, Claire Dehove, Pierre Monjaret, Alain Farfall, André Éric Létourneau et d’autres, ont fait émerger des problématiques liées à son statut d’école, et à la manière dont elle pouvait réellement entrer en contact avec l’art et son système. L’expérience collégiale amena ensuite Jean-Baptiste Farkas et Alexandre Gurita à « monter cette école pour le moins franche du collier, c’est-à-dire véritablement alternative et qui prendrait, quelque part, la suite de la Biennale de Paris (« un monde de l’art souterrain et hors la loi »), en lui donnant un tour encore plus concret, immédiat. » (*)

Institut des hautes études en arts plastiques(IHEAP)

L’institut des hautes études en arts plastiques (Iheap) fut re-crée, en captant le nom et l’histoire de celui de 1989. Il intégrait pour sa part de nouvelles problématiques, inhérentes à son statut institutionnel. En utilisant ce cadre existant, l’institut réorientait ainsi une infrastructure du monde de l’art vers une autre existence possible, et le 13 janvier 2013 s’ouvrait la VIIIe session de l’Iheap. Durant ces quatre années, l’institut s’est développé et structuré autour d’un programme en itinérance et un suivi plus poussé du travail de ses sessionnistes, poursuivant son action jusqu’à New York où en 2015 s’ouvrit une branche américaine. L’expérience à long terme du groupe de travail devait pouvoir s’établir sur un cadre et des méthodes émergeant au même moment que se constituait le groupe. La pratique d’un travail en commun se dessinait à la fois sur les démarches singulières des sessionnistes, mais aussi sur la façon dont l’institut pouvait progresser avec eux.Il devenait ainsi l’expérience possible d’une nouvelle manière d’oeuvrer et un objet que tout un chacun pouvait se réapproprier.

2012

2017

ENDA

En 2016, c’est par le monde de l’art que son projet fut contraint d’évoluer. L’utilisation du nom, considéré « déloyal » donna à l’institut l’occasion de se transformer pour devenir en 2017, l’École nationale d’art (ENDA). L’institut y trouva un moyen de revenir sur le travail effectué pour renforcer son soutien à des pratiques en devenir, et ré-affirmer la nécessité actuelle d’une éducation artistique libre.
Aujourd’hui l’Ecole nationale d’art (ENDA) s’engage dans une nouvelle voie, celle d’une nationalisation assumée, et d’une action prolongée autour des structures qu’elle a pu mettre en place, grâce aux sessionnistes, et désormais praticiens et praticiennes.