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Histoire

L’École nationale d’art (ENDA) est le résultat prolongé de douze années de recherches. Les évènements qui ont conduit la Biennale de Paris à créer, capter ou s’accaparer les formes respectives de collège, d’institut et d’école, marquent non seulement des étapes dans la réalisation de ses recherches en pédagogie, mais plus généralement une certaine sensibilité au changement, qui chaque fois, redessine les contours et les modalités de son action. Sa fonction et son rôle en tant qu’école d’art se sont trouvés modifiés par ceux qui l’ont traversé et par le monde dans lequel elle évolue.

2008

Le Collège de la Biennale de Paris

L’idée de créer une école de la Biennale de Paris était de rendre accessible à toutes et à tous la biennale, de la mettre en partage. Dès la création du Collège de la Biennale de Paris en 2008, certains éléments étaient déjà présents dans le projet de l’ENDA. Sa mobilité, une entité qui a lieu sans en avoir, a permis de construire une organisation horizontale, où les statuts de professeurs et d’étudiants étaient mis à mal par le format et l’entière oralité des échanges. Le collège consistait alors en « un moment collégial sans élèves, sans enseignants, sans toit, sans cursus, en rupture avec toutes les notions qui instituent l’art et son enseignement. » (*) L’initiative accompagnait des « usages susceptibles d’arracher l’art à lui-même. » (*)

Les deux années d’existences du Collège de la Biennale de Paris, autour d’Alexandre Gurita, Ghislain Mollet-Viéville, Steven Wright, François Deck, Liliane Viala, Sylvain Soussan, Jean-Baptiste Farkas, Paul Robert, Karine Lebrun, Claire Dehove et André Éric Létourneau, ont fait émerger des problématiques liées à son statut d’école, et à la manière dont elle pouvait réellement entrer en contact avec l’art et son système. Cette « expérience collégiale » sera prolongée par la création d’une véritable école, l’Iheap (Institut des hautes études en arts plastiques).

La Collège de la Biennale de Paris, Module Stratégies Elémentaires, Musée de la Monnaie, Paris, le 22 janvier 2010. Le collège organisait ses modules aléatoirement en terme de lieux, de dates, de sujets et d’intervenants.

2012

L’Institut des hautes études en arts plastiques (Iheap)

L’institut des hautes études en arts plastiques (Iheap) a été créé en 1989 par la ville de Paris et se voulait comme une alternative à l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris (ensba). Il a fonctionné pendant sept ans sous la direction de Pontus Hulten, co-concepteur du Centre Pompidou et a été liquidé en 1995 par la suppression des subventions de la ville. L’institut voulait se positionner dans la suite de Bauhaus et Black Mountain College et offrir aux jeunes artistes un contexte artistique stimulant. La Biennale de Paris a capté cet institut dans l’idée de le réactiver et d’en faire son établissement d’enseignement. Il a fonctionné pendant 4 ans de 2012 à 2017.

Le 13 janvier 2013 s’ouvrait la VIIIe session de l’Iheap. Durant ces quatre années, l’institut s’est développé et structuré autour d’un programme en itinérance et un suivi plus poussé du travail de ses « sessionnistes », poursuivant son action jusqu’à New York où en 2015 s’ouvrit une branche américaine.

L’expérience à long terme du groupe de travail devait pouvoir s’établir sur un cadre et des méthodes émergeant au même moment que se constituait le groupe. La pratique d’un travail en commun se dessinait à la fois sur les démarches singulières des sessionnistes, mais aussi sur la façon dont l’institut pouvait progresser avec eux. En 2018 l’Iheap change de nom et devient Ecole nationale d’art (ENDA).

Le jury d’admission de l’Iheap, session IX, s’est réuni à la Mairie du XIe arrondissement de Paris à la fin 2013 pour des entretiens avec les nouveaux candidats. Les membres du jury avaient des rôles comme par exemple changer sa place avec un employé de la mairie à un moment donné de l’évaluation.

2015

L’Iheap New York

En 2015 l’Iheap créé une antenne à New York sur le même modèle que celui de Paris, l’idée étant d’élargir la géographie de son action et de son impact. Les écoles d’art sont extrêmement chères aux Etats-Unis et souvent inaccessibles à la plupart. L’idée était de proposer un cursus et une recherche de haut niveau pour un coût accessible à toutes et à tous. L’Iheap New York est la première école d’art française à l’étranger. Cette réussite était d’autant plus marquante qu’à la même période l’Université de La Sorbonne Paris I a tenté en vain de créer un programme à New York avec New York University.

La célèbre critique d’art Paddy Jonson a fait l’éloge de l’accessibilité et de la qualité de l’Iheap New York par rapport aux écoles équivalentes dans le pays comme la Columbia University ou la Yale School of Art.

2018

L’ENDA (École nationale d’art)

En 2018, c’est par le monde de l’art que son projet fut contraint d’évoluer. L’Iheap est devenu l’École nationale d’art (ENDA). L’établissement y trouva un moyen de revenir sur le travail effectué pour renforcer son soutien à des pratiques en devenir et ré-affirmer la nécessité actuelle d’une éducation artistique libre et affranchies des stéréotypes qui s’opposent à la créativité et à l’évolution. Aujourd’hui l’Ecole nationale d’art (ENDA) s’engage dans une nouvelle voie, celle d’une nationalisation assumée et d’une action prolongée autour d’un cursus singulier et des projets qu’elle a pu mettre en place grâce notamment à ses participants.

2020

Un projet majeur à échelle européenne

En 2019 l’ENDA a initié son premier projet d’envergure européenne, ETI (Expérimenter une transformation institutionnelle) en partenariat avec des institutions européennes. ETI relève le défi d’imaginer de nouveaux modèles institutionnels pour l’art. ETI est financé par le programme Europe Créative de l’Union Européenne. Il se déroule jusqu’en septembre 2021. Plus d’informations : http://www.eti-europe.eu