Histoire

L’École nationale d’art (ENDA) est le résultat prolongé de douze années de recherches. Les évènements qui ont conduit la Biennale de Paris à créer, capter ou s’accaparer les formes respectives de collège, d’institut et d’école, marquent non seulement des étapes dans la réalisation de ses recherches en pédagogie, mais plus généralement une certaine sensibilité au changement, qui chaque fois, redessine les contours et les modalités de son action. Sa fonction et son rôle en tant qu’école d’art se sont trouvés modifiés par ceux qui l’ont traversé et par le monde dans lequel elle évolue.

Le Collège de la Biennale de Paris

L’idée de créer un lieu pédagogique de la Biennale de Paris s’était imposée en 2008 afin de réinventer l’école d’art sur la base de nouveaux contenus, à des pratiques émergentes hors norme découvertes par la biennale dès 2001. C’est ainsi que la biennale à créé le « Collège de la Biennale de Paris » en 2008. Certains éléments du collège resteront comme une base pour son évolution future : la mobilité, une organisation par modules ou encore et c’est ce qu’il y a de plus important, des contenus qui ne sont pas fondés sur l’oeuvre d’art et sur l’art visuel. Le collège s’affirmait comme « un moment collégial sans élèves, sans enseignants, sans toit, sans cursus, en rupture avec toutes les notions qui instituent l’art et son enseignement. »

Le Collège de la Biennale de Paris, 2008
La Collège de la Biennale de Paris, Module « Stratégies Elémentaires », Maison de l’Amérique Latine, le 22 janvier 2010.

Les deux années d’existences du Collège de la Biennale de Paris, autour d’Alexandre Gurita, Ghislain Mollet-Viéville, Steven Wright, François Deck, Liliane Viala, Sylvain Soussan, Jean-Baptiste Farkas, Paul Robert, Karine Lebrun, Claire Dehove et André Éric Létourneau, ont fait émerger des problématiques liées à son statut d’école, et à l’expérimentation de la notion même d’école d’art. Cette « expérience collégiale » sera prolongée par un véritable établissement d’enseignement, l’Iheap (Institut des hautes études en arts plastiques).

L’Institut des hautes études en arts plastiques (Iheap)

Jacques Chirac, Maire de Paris, demande en 1983 à Pontus Hulten de créer une école comme une alternative à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris (ensba). L’institut des hautes études en arts plastiques (Iheap) est né en 1989 après six années de tergiversations bureaucratique.

Pontus Hulten
Pontus Hulten, Directeur de l’Institut des hautes études en arts plastiques (Iheap)

Pontus Hulten, par ailleurs le co-concepteur du Centre Pompidou, créé une équipe d’intellectuels et d’artistes et lance cette école qui voulait prendre la suite de Bauhaus College et de Black Mountain College, deux écoles d’art révolutionnaires. Parmi les personnels de l’école on compte par exemple Pierre Bourdieu et Daniel Buren.

Iheap, Admission à la Session IX, 2012
Le jury d’admission de l’Iheap nouvelle version, s’est réuni à la Mairie du XIe arrondissement de Paris en novembre 2012 pour des entretiens avec les candidats.

L’institut à fonctionné pendant sept ans sous la Direction de Pontus Hulten et pour la dernière année de Daniel Buren. Il a été liquidé en 1995 après huit sessions (années de travail et de recherche), quand le Maire de Paris a été élu Président de la République. En effet, la ville de Paris subventionnait l’institut intégralement et lors de ce changement à la Mairie les subventions ont été brusquement coupées .

Premier module de la Session VIII de l'Iheap, le 13 janvier 2013
Le premier module de travail de l’Iheap nouvelle version a eu lieu le 13 janvier 2013 au Moins Un, un sous sol d’un bâtiment parisien avec l’historien de l’art Denys Riout comme intervenant.

Après son expérience avec le collège, la Biennale de Paris voulait aller plus loin et créer un véritable établissement d’enseignement. En mettant en pratique le principe qui l’a vu renaître en 2000, elle a ainsi capté cet institut tombé dans le domaine public pour en faire une véritable école d’un nouveau genre digne du XXIe siècle. Le 13 janvier 2013 s’ouvrait à Paris dans un sous sol d’un bâtiment la IXe session de l’Iheap. L’Iheap nouvelle version a fonctionné pendant quatre ans de 2012 à 2017.

L’Iheap New York

En 2015 l’Iheap créé une antenne à New York afin d’élargir la géographie de son action. Les écoles d’art sont extrêmement chères aux Etats-Unis et souvent inaccessibles pour la plupart. L’idée était de proposer un cursus et une recherche de haut niveau accessible. L’Iheap New York a été la première école d’art française à l’étranger. Parmi ses intervenants on comptait Robert Storr, Steven Henry Madoff, Henry Flynt ou encore Jeffrey Perkins. Sur le même mode de fonctionnement qu’à Paris, l’Iheap New York organisait ses modules dans une multitude de lieux.

Iheap, New York, 2015
Un projet de coopération avec Columbia University School of Art en 2014 qui a préfiguré l’ouverture de l’Iheap New York.

L’ENDA (École nationale d’art)

En 2018 l’Iheap est devenu l’École nationale d’art (ENDA). L’établissement y trouva un moyen de revenir sur le travail effectué pour renforcer son soutien à des pratiques en devenir et ré-affirmer la nécessité actuelle d’une éducation artistique libre et affranchies des stéréotypes et des catégories instituées qui frainent la créativité et l’inventivité. En 2020, l’ENDA capitalise ses expériences et va encore plus loin que tout ce qui a pu être réalisé en terme d’inventivité pédagogique. La recherche artistique ne peut être envisagée comme une réitération du passé et des standards de l’art et en ce sens elle est toujours porteuse d’inventions et de créations.

ENDA (Ecole nationale d'art)
Un module de l’ENDA au CNEAI (Centre national d’art contemporain consacré au domaine de la publication d’artiste), en 2019.

L’ENDA s’affirme comme une école d’un nouveau genre, une école ou la recherche, le risque, l’expérimentation sont la règle et non pas l’exception et où l’inconnu s’affirme comme un élément de travail indispensable. Depuis ses débuts rudimentaires jusqu’à l’ampleur qu’elle prend aujourd’hui, l’ENDA est devenue aujourd’hui la seule école de recherche et d’expérimentation artistique au monde ou tout est possible de faire sauf ce qu’il l’a déjà été.