Normes académiques

Des normes académiques propres

L’ENDA est bâtie sur d’autres valeurs que celles qui régissent les écoles d’art et plus largement le secteur de l’art. Elle est indépendante de tout et notamment de toute centre de pouvoir et influence extérieure politique et économique, de toute idéologie et de tout régime normatif en vigueur dans l’enseignement artistique. Elle affirme une liberté indispensable à ses missions pédagogiques. C’est justement ce cadre académique indépendant qui lui confère une identité singulière dans le paysage de l’enseignement artistique. Par l’ensemble de ses caractéristiques l’ENDA affirme ses propres normes pédagogiques.

Des valeurs articulées sur un changement de paradigme

L’ENDA dispense un cursus qui offre à ses praticiens l’opportunité de se libérer des acquis hérités de l’art du XXe siècle et notamment de la dépendance à l’œuvre d’art, communément admise comme une évidence absolue, objective et indiscutable. L’ENDA considère l’art comme relatif et modifiable y compris dans sa nature-même. Elle se détache d’une conception de l’art dépendant de l’œuvre d’art, de l’artiste solitaire, de l’atelier, de l’exposition, du marché de l’art, de l’original, de la signature, de l’auteur vertical et autoritaire, du musée, de la galerie, des foires et des biennales. En affirmant que l’art n’est pas dépendant de l’œuvre d’art et de l’art visuel lui-même, l’ENDA engage un changement de paradigme.

Un désapprentissage de l’éducation artistique

L’ENDA n’est pas une école qui éduque mais plutôt une école qui libère les praticiens de leur éducation artistiques pour qu’ils puissent formuler leurs singularités artistiques à partir de leur humanité et non pas à partir des règles de l’art. L’art n’est pas forcément dépendant de la culture et de l’éducation et souvent, comme l’histoire de l’art nous le démontre, il se transforme dans le temps par des ruptures avec ses propres règles et certitudes acquises souvent dans les écoles d’art. Pour aller plus loin dans une démarche ou tout simplement pour s’inventer soi-même on se doit de désapprendre ce qui nous empêche d’avancer et d’être en accord avec sa singularité. Il ne s’agit pas de faire l’apologie de l’anarchie mais plutôt de se défaire des automatismes acquis dans les écoles d’art et de mettre les certitudes à l’épreuve des réalités en permanente transformation. Du point de vue de l’ENDA l’enseignement artistique doit être émancipateur.

Une école disruptive

Par son fonctionnement et ses valeurs, l’ENDA est une école disruptive. Elle se place en rupture avec la définition établie de ce qu’est une école d’art. Elle préfigure ce que pourrait être une école d’art au XXIe siècle. La disruption induite par l’ENDA ne met pas fin à l’école d’art. Elle la met à jour, la réinvente. Elle se constitue comme un contexte qui permet la remise en cause des conventions qui brident la créativité des artistes et du secteur et permet de faire émerger des visions nouvelles.

Une pédagogie visant l’émancipation

La pédagogie n’est pas comprise par l’ENDA comme un mimétisme, un apprentissage des techniques traditionnelles, astuces et habilités, une transmission de valeurs dogmatiques, d’idées reçues et des formes. L’ENDA se positionne comme un contexte pédagogique et de recherche qui pose des bases et donne des repères pour une certaine émancipation au service de ses praticiens. Cette émancipation s’inscrit dans des processus de singularisation propres à chacune et à chacun. S’émanciper est compris comme l’affranchissement des valeurs établies de l’art et la construction de sa singularité artistique et en tant qu’être.

Des contenus affranchis de la pratique unique

La pratique unique est l’idée communément admise que l’art est dépendant de l’œuvre d’art. Au sein de l’ENDA sont élaborés des pratiques affranchies de ce cadre dogmatique, des projets de toute sorte et en fonction des choix des praticiennes et des praticiens. La nature des contenus proposés n’est pas soumise au régime de l’art visuel, des beaux-arts, à l’œuvre d’art et à l’image identifiée avec les critères rattachée habituellement à l’art. Sa formation d’excellence expérimente d’autres manières d’envisager la pratique de l’art que celles existant aujourd’hui dans le paysage éducatif artistique français et étranger.

Une reformulation de la notion de recherche dans l’art

L’ENDA n’est pas une école d’art dans le sens commun mais bien une école de recherche et expérimentation artistique ou il est possible de faire tout sauf ce qui a déjà été fait. La notion de recherche est envisagée comme un cheminement de ce que l’on connait vers ce que l’on ne connait pas, vers des nouvelles formes d’art. L’ENDA donne un véritable sens à la notion de recherche en art qui ne pourrait être envisagée comme une exploration des sentiers battus. L’école est régie par une politique de recherche structurée sur des Lignes de recherche et d’expérimentation (LDRE) consacrées à des problématiques spécifiques, abordées et approfondies. La recherche est théorique et pratique et se mesure concrètement.

Une approche écosystémique de l’art 

L’ENDA considère que l’écosystème d’une pratique fait partie de la pratique. Les dimensions considérées comme extra artistiques telle que l’économie de sa pratique font partie de la pratique même. En même temps que la pratique artistique, le praticien invente son modèle économique adapté à sa pratique, sa stratégie, sa terminologie, son rapport au publics, sa dimension collaborative, politique, juridique, éthique et écologique. Le projet de session est abordé du moment initial de sa formulation jusqu’aux aspects les plus concrets. Les praticiens sont opérationnels à la fin de la session.

La transversalité comme principe

L’ENDA est un environnement cosmopolite, les participants venant de plusieurs pays. Les groupes de travail sont hétérogènes, multiculturels, intergénérationnels et trans-sectoriels. Cette grande richesse est mutualisée, chaque praticien se retrouve enrichi par les autres, par l’altérité et plus concrètement par les professions, statuts, fonctions et expériences des autres membres du groupe. Par exemple une praticienne âgée directrice d’une institution peut côtoyer une praticienne qui vient d’obtenir son bac. Chaque participant a des attentes propres, mais ces attentes convergent aussi vers des objectifs communs dans un ensemble d’enseignements, d’expériences pédagogiques et de dispositifs de travail inédits.

Une école horizontale

L’ENDA met en œuvre le principe de l’horizontalité, un mode de fonctionnement sans maître ni élève, une logique collaborative fondée sur le partage de connaissances et d’expériences sur un mode horizontal, sur le changement des rôles et le transfert de connaissance et d’expérience. Au sein de l’ENDA il n’y a pas de hiérarchie. Les praticiens peuvent agir au nom de l’école. Cette horizontalité d’approche transforme l’ENDA qui devient de fait une école apprenante.

Une école liquide

L’ENDA est une école qui a une structure multiple mais elle est liquide dans ses modes opératoires. Ses modules de travail se déroulent dans des lieux à différents et dans une indistinction topologique : parkings, musées, centres d’art contemporain, particuliers, jardins, métro, galeries, train, caves, fondations, ambassades, associations, écoles, universités… Certains des lieux sont choisis en fonction du sujet de la séance. Cette indifférenciation n’est pas arbitraire et ne remet pas en question l’importance du contexte elle permet une fluidité stimulante, une fraîcheur de réception et une augmentation de l’attention. Les déplacement est double, mental et physique.

Une école apprenante

L’ENDA se construit en même temps qu’elle se transforme. Elle fournit un corpus de connaissance et d’expérience en même temps qu’elle en reçoit. Elle est réceptive et se laisse transformée, y compris par ses praticiens qui peuvent initier des projets, créer des nouvelles LDRE (certaines LDRE existantes ont été créées par des praticiens), des nouvelle problématiques ou thématiques. Les praticiens peuvent inviter des intervenants ou encore mener des modules pendant leur session. L’ENDA met au travail ce qui fait école. C’est une école apprenante qui peut être considérée comme un système vivant qui se transforme et qui interagit avec la réalité.

Une école liquide

L’ENDA est une école qui a une structure et une organisation rigoureuse. Elle provoque des déplacements dans l’état d’esprit des praticiens. L’ENDA elle est liquide et ses modules de travail se déroulent dans des lieux différents et dans une indistinction topologique : parkings, musées, centres d’art contemporain, particuliers, jardins, métro, galeries, train, caves, fondations, ambassades, associations, écoles, universités… Certains des lieux sont choisis en fonction du sujet de la séance. Cette indifférenciation n’est pas arbitraire et ne remet pas en question l’importance du contexte. Elle permet une fluidité stimulante, une fraîcheur de réception et une augmentation de l’attention. Le déplacement est double, mental et physique.

L’extra-professionnalisation

L’ENDA est une école d’art mais son cursus intègre d’autres domaines d’activité. Résoudre un problème, intégrer une méthode de pensée, un outil de travail ou encore répondre à un défi en s’inspirant d’un ailleurs constituent autant d’atouts au service de sa pratique artistique. Dans l’autre sens, une pratique artistique développée au sein de l’ENDA peut s’intégrer ou s’appliquer à un autre domaine d’activité que celui de l’art. 

Des critères d’évaluation sans notation

L’évaluation n’est pas notée. Elle est faite en fin de cursus et répond à des modalités originales à chaque session différente. L’évaluation fait l’objet d’observations écrites dans la lettre d’évaluation que les praticiens reçoivent en fin de session avec le DNREA. Les critères d’évaluation sont la motivation, l’auto-évaluation, l’assiduité, la qualité du travail fourni, la capacité à le mettre en perspective et à citer les enjeux de sa démarche, la persévérance, la structuration de sa démarche et de son projet de session, la conscience de soi, la prise de risque, l’engagement, la curiosité et la dimension subversive.